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SOMMAIRE - n° 373
Dossier
Shiatsu : relaxation et vitalité
Le shiatsu n'est pas une médecine complémentaire. IL s'inscrit dans le domaine de la prévention, du bien-être et du confort de la personne. Issu des traditions corporelles japonaises, le shiatsu s'est enrichi des apports de la médecine traditionnelle chinoise. Avant de connaître de nouvelles évolutions au contact de l'Occident.

Alerter - p.10
Les agences régionales de santé (ARS)

Comprendre - p.12
Allergies respiratoires chez l'enfant
allergies vaccinales

Médicaments - p. 17
Générique Plavix, précautions d'emploi

Psy - p. 18
Les psy face à leur âge

Vos droits - p. 31
Erreur de diagnostic, les recours

Santé - Environnement - p. 32
Open space, danger pour la santé ?

Nouvelle approche - p. 34
Grippe : se soigner naturellement

Spécial Grippe A
Grippe A, rumeurs et questions


Nutrition - p. 38
"Bons" gras et dépression

Bien-être - p. 40
Institut de beauté à l'heure écolo

Nature - p. 46
Le jardin, c'est la santé

Tribune - p. 50
Vaccin grippe A : mes raisons pour dire non

 Edito 
Connaissez-vous le shiatsu ? Avec la Fédération française de shiatsu traditionnel, nous vous invitons ce mois-ci à partir à sa découverte."Ni massage, ni idéologie, ni médecine au sens occidental du terme, le shiatsu est une méthode de relaxatin et de bien-être s'inscrivant dans le domaine de la prévention", nous disent ses promoteurs. Le shiatsu (terme japonais signifiant pression des doigts) est une discipline énergétique de détente pratiquée depuis des millénaires en Extrême-Orient qui consiste en des étirements et des pressions appliquées sur l'ensemble du corps...
Rémy Michel, Directeur Editorial


suite dans le numéro 373 - disponible en kiosque au prix de 5.40€
HORS SERIE
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Les articles des Hors séries
Le jardin c'est la santé
Poussés par les patients, médecins et scientifiques redécouvrent les bienfaits du jardinage et des plantes.
Les plantes influencent-elles notre santé ? Ce qui tombe sous le sens pour qui les aime est enfin redécouvert par les scientifiques et les médecins. En Mai 2009, la Société nationale d'horticulture de France (SNHF)organisait un colloque à Nantes sur les bienfaits physiques, psychologiques et sociaux du végétal, que ce soit par sa présence dans l'environnement ou par la pratique du jardinage. Si les expériences de jardinage pour les personnes handicapées physiques ou mentales se sont développées dans notre pays depuis quelques années (lire "jardino-thérapie", dans Alternative Santé, juin 2009), la SNHF constate qu'il manque une action d'ampleur qui vise à "mobiliser les pouvoirs publics, les politiques et les décideurs au sens large pour remettre le végétal au centre de nos modes de vie". Témoignant du travail fait par de nombreuses associations, le colloque a abouti au lancement de journées grand public (voir encadré), avec notamment le concours de Jardins et Santé...
> Régis Pluchet
Imposture
Le médicamenteur
Les Médicamenteurs : c'était le titre de l'excellent documentaire consacré aux pratiques occultes de l'industrie pharmaceutique, diffusé en juin sur France 5. Le médicamenteur : ce pourrait être le titre mérité d'un médecin parisien, le Dr sauveur Boukris, qui publiait au même moment, aux éditions Le Cherche Midi, un livre intitulé Ces médicaments qui nous rendent malades. L'auteur met en cause lui aussi l'influence des laboratoires sur l'administration française du médicament, ainsi que sur les médecins prescripteurs. Mais même s'il critique "la médecine marketing", sa charge contre les firmes est beaucoup moins incisive que celle du film.
Certes, il montre la surconsommation chronique de médicaments, "une spécificité française", et souligne l'augmentation des accidents qui en résulte. Il revient sur les affaires du Vioxx, du Zyprexa, de l'Acomplia, qui ont fait les "une" de la presse ces dernièrs années. Mais curieusement, les traitements hormonaux de la ménopause ne sont mis en cause que pour un de leurs effets secondaires, l'incontinence urinaire, omettant leurs effets cancérigènes et cardio-vasculaires et les pressions de ceux qui continuent à laisser croire à leur utilité. Et surtout, on ne trouve rien sur les vaccins, si l'on excepte une brève remarque sur les liens d'intérêts de deux membres de la commission nationale de pharmacovigilance lors d'une discussion sur le vaccin pneumocoque Prévenar. Rien sur le marché énorme des vaccins grippaux ni sur la prétendue épidémie de grippe aviaire, rien sur les multiples scandales qui entachent la mise sur le marché et la promotion du vaccin papillomavirus, pas de rappel non plus sur l'affaire du vaccin hépatite B....

> Régis Pluchet
La bientraitance au soir de la vie
La bien-traitance, une intention positive qui doit se traduire par des actes concrets et dans l'attention apportée aux petits riens du quotidien.
En 1999, on comptait en France 6953 centenaires dont deux tiers de femmes. Ils seront plus de 60 000 en 2050. Comme le grand âge est loin d'être égalitaire, il y aura parmi eux beaucoup de personnes invalides et dépendantes dont certaines seront atteintes de difficultés relationnelles majeures. La vieillesse n'est certes pas une maladie, mais elle est un terrain favorable à leur survenue. Il y a donc celles et ceux qui auront réussi à échapper aux maladies chroniques ou graves et les autres. Au quotidien, ces personnes très âgées auront besoin de beaucoup d'attention, celle de leurs proches et des professionnels...

> Martine Laganier
Pesticides : une menace sous-estimée, des résidus omniprésents

Les études officielles minimisent-elles la présence des pesticides dans notre environnement ? D'autres observations établissent que loin de diminuer la contamination demeure et certains résultats sont accablants.
A en croire les chiffres, l'agriculture conventionnelle utilise de moins en moins de pesticides : un peu plus de 80 000 tonnes par an, contre près de 100 000 tonnes il y a une dizaine d'années. Pourtant, nos aliments contiennent toujours sensiblement autant de résidus : 2 fruits sur 3 et 1 légume sur 3. Une grande enquête a été menée en 2008 par cinq ONG, dont le MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) pour la France, dans cinq pays européens (Italie, France, Pays-Bas, Hongrie et allemagne) dans des magasins appartenant à 16 enseignes différentes. Au total, 124 échantillons de raisins issus de l'agriculture intensive ont été analysés. Les résultats sont accablants...

> Claude Aubert

Sans nature, pas de futur !
La 6e grande extinction des espèces est en route, à cause des activités humaines. Mais sans nature, pas de futur, comme le répète Nicolas Hulot. La sauvegarde de la biodiversité est donc devenue un enjeu majeur. Mais, déconnectées des politiques de développement, les actions mises en place par la France et l'europe ne suffisent pas à enrayer la crise.
La biodiversité dans nos assiettes
Manger des fraises ou des cerises en hiver, c'est manger des fruits qui viennent de l'hémisphère Sud et ont coûté vingt fois plus d'énergie pour l'emballage, leur réfrigération et leur transport que pour leur production", expliquait Nicolas Hulot, en lançant l'opération "Des fraises au printemps", la nouvelle campagne du Défi pour la terre...
Vaccination papillomavirus (HPV)
L'arrêt de la vaccination réclamé en Espagne après deux accidents avec le Gardasil.
75 582 doses de vaccins contre les papillomavirus (HPV) ont été retirées des pharmacies espagnoles, après l'hospitalisation, début février, à quelques heures d'intervalle, dans une unité de soins intensifs de l'hôpital de Valence, de deux jeunes filles de 14 ans. Toutes deux  en bonne santé avant la vaccination ont été prises de convulsions et perdu connaissance, quelques minutes après injection du Gardasil...
La fin des huîtres ?
Une bonne part des milliards de petites huîtres nécessaires pour obtenir les 130 000 tonnes produites en france sont mortes cet été. Les plus pessimistes craignent la disparition totale de l'huître creuse. Thriller en eau salée.
Ostréiculteurs dans l'Hérault, Philippe Vaudo et Simon Julien se rendent au milieu de l'étang de Thau fin mai. Ils trouvent cinq ou six petites huîtres mortes par corde de cent cinquante suspendue à leurs tables conchylicoles. "Je me suis dit que c'était peut-être le stress de l'huître", se souvient le premier. Il ignore que c'est plus grave. "Fin juillet, nous sommes retournés aux tables un lundi matin, poursuit le second. Nous nous sommes rendu compte qu'il y avait un nouveau problème de mortalité". Cela représentait 30 à 40% de pertes sur trois tables, qui comptent en moyenne 150 000 huîtres collées sur cordes...
Le nouveau paysage vaccinal

Le nombre de vaccins se multiplie. Tellement vite que plus personne ne s'y retrouve sauf les fabricants.
Avec plus de soixante vaccins disponibles pour vingt-cinq maladies, la France détient sans doute un record mondial. On est loin de la dizaine de vaccins utilisés, il y a trente ans, quand démarrait notre journal, sous le nom de L’Impatient. A l’époque, la vaccination, c’était avant tout les cinq vaccins obligatoires de l’enfance : diphtérie, tétanos, polio, Bcg, variole (ce dernier sera supprimé quelques années plus tard), plus quelques vaccins peu utilisés et réservés à des circonstances particulières ou à certaines professions (fièvre jaune, typhoïde, choléra, rage, etc.). Au fil des années, de nouveaux vaccins ont été préconisés pour tous les enfants. D’intenses campagnes de marketing d’un puissant lobby, ont abouti à leur inscription dans le calendrier vaccinal officiel et à leur utilisation généralisée, même s’ils ne sont pas obligatoires. Si bien qu’aujourd’hui, ce sont des vaccins contre dix maladies dont l’usage s’est aujourd’hui généralisé. Les uns sont présentés sous des formes simples, d’autres sont bi-, tri-, tétra-, penta- ou hexavalents et sont censés protéger contre deux, trois, quatre, cinq ou six maladies...

> Régis Pluchet

lire la suite de notre article dans le numéro 360 de novembre 2008 actuellement disponible en kiosque

Bien protéger ses yeux et choisir ses lunettes de soleil

Comme notre peau, nos yeux ont besoin d’être protégés du soleil, en particulier des rayons UV qui leur font courir un grand danger. Nous avons mené l’enquête pour vous permettre de bien vous prémunir et choisir vos lunettes de soleil.
Les ultraviolets sont un rayonnement électromagnétique invisible, non chauffant, émis par le soleil et dont la longueur d’onde est intermédiaire entre la lumière visible et les rayons X.
On les divise en trois gam­mes : les UVA, les UVB, et les UVC. La couche d’ozone en absorbe une grande partie, et 95 % des UV qui atteignent la surface de la terre sont des UVA.

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Le rayonnement ultra-violet et ses effets sur les yeux
S’ils ont de bons effets (ils permettent la synthèse de la vitamine D et servent à traiter certaines maladies de peau qui s’améliorent de façon spectaculaire en été, pso­ria­sis, eczémas des yeux, etc.), leurs effets nocifs peuvent être redoutables : cancers de la peau, maladies des yeux… Les UVB pénètrent un peu plus profondément les tissus et sont nocifs pour le cristallin.
Les UV parviennent à nos yeux directement, mais il y a aussi des rayonnements indirects, diffusés par temps couvert ou réfléchis par l’eau ou la neige. À l’inverse des infrarouges qui ont des effets immédiats sur l’œil, tels qu’une brûlure, ceux des UV peuvent être plus tardifs et sont cumulatifs.
Comme pour notre peau, nous avons un capital soleil oculaire, et si les doses d’UV sont trop importantes les tissus seront progressivement atteints, entraînant des lésions. Il faut donc absolument protéger nos yeux. Réduire l’éblouissement n’est pas le seul but : il faut penser aussi aux conséquences médicales.
Des études ont permis de prouver que l’ensoleille­ment accélère le vieillissement du cristallin et peut favoriser, de fait, l’apparition plus précoce d’une cataracte. Les UV peuvent aussi aggraver une rétinopathie, en particulier la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

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Frédérique Bisch ophtalmologue

Drogues : bien comprendre pour agir efficacement
Si la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis a tendance à diminuer chez les jeunes, l’usage à risque, lui, augmente. Derrière le phénomène de société que les drogues représentent, l’inquiétude qu’elles suscitent pour nos adolescents ou nos proches, il est nécessaire de comprendre ce qu’elles sont pour une prévention et une lutte efficaces.
Les drogues, douces et dures, même s’il n’est pas simple d’établir une frontière nette entre les deux catégories (voir encadré), sont aujourd’hui un enjeu important dans l’éducation des enfants. Soumis à de multiples sollicitations par les amis, les fréquentations et la publicité, les ados peuvent avoir la tentation de l’expérimentation et/ou de la récidive.
Pourtant, la consommation baisse. En ce qui concerne le tabac, le dernier rapport de l’ESPAD (1) stipule que, à 16 ans, 60 % des adolescents déclarent avoir fumé une cigarette une fois dans leur vie (contre près de 80 % en 1999). Quant à la consommation quotidienne, elle décroît fortement (17 % en 2007 contre 31 % en 1999). La vente d’al­cool continue à diminuer (12,9 litres par an en 2006 contre 14,0 litres en 2000) (2), tandis que l’expérimentation du cannabis chez les jeunes gens de 17 ans, si elle a plus que doublé entre 1993 et 2002, marque une infime décrue depuis cette date (49,4 % en 2005, contre 50,2 % en 2002) (3).
« Mais si la consommation a tendance à diminuer, la consommation dite problématique – c’est-à-dire un usage à risque, tant sur le plan de la santé (dépendance) que sur le plan social (problèmes d’insertion…) –, elle, augmente », précise le Dr Olivier Phan, psychiatre et président du centre Émergence. Les ivresses répétées dues à l’alcool se multiplient (elles concernent 26 % des individus  de 17 ans) (4) ; la prise régulière de cannabis (au moins 10 fois par mois) concerne 10,8 % des jeunes Français de 17 ans (dont
la moitié sont considérés comme problématiques) (3) et la proportion des gros
fumeurs de tabac (plus de 10 cigarettes/jour) reste sta­ble, entre 5 et 6 %...

>Willy Persello
CANCER

Le laboratoire créé par les patients démantelé

« Un laboratoire clandestin démantelé à Messimy, près de Lyon » : la descente de gendarmerie le mardi 3 juin, au siège de l’association Choisis la Vie, dans cette commune du Rhône, et la garde à vue de neuf personnes ont fait grand bruit. La plainte d’un patient en serait à l’origine. L’association est accusée d’exercice illégal de la pharmacie pour avoir diffusé auprès de ses adhérents les produits Sovita, autrefois connus sous le nom de Physiatrons du Dr Solomidès, un ancien chercheur de l’Institut Pasteur, aujourd’hui décédé (1). « Encore une fois, on s’en prend aux plus honnêtes. Les produits Solomidès diffusés par cette association de malades comptent parmi les trois ou quatre substances les plus actives qui soient utilisées dans les thérapeutiques complémentaires du cancer », déplore la Dre Anne-Marie Tubéry-Claustres, qui a mis au point, avec son mari le Dr Pierre Tubéry, plusieurs produits dérivés de plantes africaines. En 2005, lors des 2e Rencontres d’Alternative Santé, puis en avril dernier, lors de nos 4e Rencontres, elle nous expliquait comment tout a été fait pour empêcher la reconnaissance de ces thérapeutiques complémentaires et museler les médecins et les associations qui les défendent (2). « Ces produits m’ont permis sept ans de rémission suivie d’une intervention chirurgicale limitée et, ni avant ni après celle-ci, je n’ai eu besoin des traitements chimiothérapiques et radiothérapiques habituels que je n’utiliserai que s’ils deviennent nécessaires dans l’avenir », explique Martine qui avait été promise à un traitement lourd en 2000 pour une tumeur au sein (3) et qu’elle a refusé. Contrairement à ce qui a pu être écrit dans la presse, l’activité de Choisis la Vie était connue et tolérée des autorités sanitaires depuis une vingtaine d’années. Une précédente enquête en 1996 avait montré qu’elle n’était pas liée à un groupe sectaire et que ses responsables avaient un train de vie modeste. Déjà poursuivis en 2003, l’association et ses dirigeants avaient vu alors leur intégrité reconnue par la justice et seul le fabricant des produits avait été condamné pour exercice illégal de la pharmacie. D’un dévouement à toute épreuve, le président, son épouse et deux des salariés de l’association sont aujourd’hui menacés de lourdes sanctions. Pire, plusieurs centaines de malades se voient privés du jour au lendemain de produits complémentaires qui leur sont indispensables. À de nombreuses reprises, depuis trente ans, et lors de nos dernières Rencontres, nous avons souhaité, dans l’intérêt des patients, qu’un dialogue s’instaure dans ce domaine. Force est de constater que certains s’y opposent encore.

>Régis Pluchet

Apprendre à lâcher prise

Spécialistes des soins infirmiers, de l’enseignement de la santé et de l’accompagnement, Rosette Poletti et Barbara Dobbs ont écrit ensemble de nombreux livres à succès. Leur dernier ouvrage, Se désencombrer de l’inutile est un appel à la liberté. Rosette Poletti commente, pour nous, ce livre.

Alternative Santé : Selon vous, qu’est-ce que l’inutile?
"Rosette Poletti : L’inutile, c’est tout ce qui gêne, n’est pas source de plaisir et de croissance. Sur le plan matériel, c’est tout ce que l’on garde ou qu’on se procure pour combler un manque intérieur. Dans les domaines mental, émotionnel et spirituel, ce sont les idées fixes, les préjugés, les pensées limitantes ; ce sont les rancunes, ressentiments, tout ce qui ne favorise ni la paix intérieure ni l’ouverture aux autres.

A. S. : Comment identifier ce qui est inutile ?
"Rosette Poletti : On peut l’identifier en examinant sa vie, en prenant conscience des conflits, des expériences négatives répétitives, des mal-être que nous éprouvons.
On peut aussi prendre le temps de répondre à des questions telles que : suis-je à l’endroit où je voudrais être ? Est-ce que je fais le travail que j’aimerais faire ? Est-ce que je vis avec des gens qui me conviennent ? Ou encore : quelles sont mes attentes vis-à-vis des autres ? Par quelles rancunes suis-je encore habité ? Quelles sont les conditions que je pose à mon bonheur ?...
> Propos recueillis par Cécile Baudet








 

Maternité des Bluets : non aux usines à bébés
Vouloir rentabiliser la naissance met en danger la relation mère-enfant. à la maternité des Bluets, à Paris, restructuration et réduction de personnel sont au programme, avec en prime une augmentation des accouchements.
Dans le domaine de l’accouchement, la situation en France est vraiment préoccupante. Depuis 1990, les pouvoirs publics ne cessent de fermer des maternités avec pour unique objectif… la rentabilité. Cette démarche se fait au détriment de l’intimité des femmes, des couples, de l’accueil du nouveau-né. Elle participe également à la désertification des territoires et au désarroi des populations rurales avec la fermeture systématique des petits services. Dans la Nièvre, certaines communes ont même, pour dire leur opposition, boycotté les dernières élections municipales. Aux Bluets, maternité parisienne emblématique de la lutte pour les droits des femmes (lire p. 10), l’heure est grave. Tous les personnels de santé: sage-femme, gynécologue-obstétricien, aide-soignante, conseillère conjugale, puéricultrice… lancent un appel au secours sur le thème : « Les Bluets ne veulent pas devenir une usine à bébés ». 
La direction vient d’annoncer une nouvelle et enième restructuration, qui prévoit une réduction de personnel : 10 à 20 suppressions de postes, et une augmentation considérable de l’activité, en particulier un quota obligatoire de 3 000 accouchements par an au lieu des 2 600 prévus… « Pour conserver notre qualité d’accueil, nous ne pouvons pas faire plus de 2600 accouchements, explique Virginie Gossez, sage-femme, l’équipe est motivée et compétente, elle travaille déjà dans des conditions difficiles et avec encore moins de personnel, ce sera de “l’abattage” ! » ...

> Martine Laganier
Médecine affective : de l'inconscient à la science
Dans la maladie, les aspects physiques et psychiques sont étroitement imbriqués. La médecine affective les aborde dans leur ensemble.
L’hypothèse du Dr Bernard Vial, le concepteur de cette approche, est que l’affectivité s’exprime dans les protéines du sang : « J’étudie leur langage, explique-t-il, au moyen de bilans informatisés, appelés profils protéiques. J’établis ensuite des parallèles entre cette expression des protéines et des remèdes d’origine végétale (ce que j’appelle la botanique affective), animale et minérale. Par exemple, un patient de 35 ans arrive dans mon cabinet avec un psoriasis généralisé. Son profil protéique indique le tilleul comme traitement. Celui-ci correspond à un chagrin d’amour. Je questionne le malade en ce sens. Pour lui, tout va bien. Pourtant, au moment de franchir la porte, il évoque la perte, trois ans plus tôt, de son meilleur ami. Il s’agissait donc d’un chagrin d’amitié. Cela semble presque caricatural, mais en fait profondément humain. » Comprendre les émotions qui se cachent derrière la maladie permet de proposer des remèdes qui entrent en résonance avec elles.
Médecin généraliste depuis 33 ans, Bernard Vial a été, pendant cinq ans, interne et chef de clinique à l’hôpital Saint -Eloi, à Montpellier. « Ensuite, je me suis installé comme généraliste dans un village de Provence et j’ai commencé à travailler avec les profils informatisés du Centre européen d'informatique et d'automation (CEIA – voir encadré ci-contre) qui fournissent des images de synthèse des protéines du plasma. Au départ, tout a été empirique et intuitif. Ma pratique reposait essentiellement sur mon expérience clinique et une étroite collaboration avec des médecins homéopathes. Et puis, peu à peu, ma recherche s’est étoffée pour aboutir à la création d’une véritable science qui inventorie de nombreuses plantes, minéraux et remèdes d’origine animale en relation avec le profil protéique. J’ai fait analyser le sang du cordon ombilical après des accouchements afin de tenter d’identifier les sentiments vécus pendant la grossesse. Une fois, l’ordinateur a sélectionné la bourrache, qui symboliquement signifie “rougir du père”. De fait, pendant la grossesse le père avait fait de la prison… »...

>Martine Laganier
Enfant et télé un couple infernal
Nos enfants regardent de plus en plus la télévision. Doit-on s’en inquiéter ? Que faire pour limiter ce temps passé devant le petit écran ?  
Une étude réalisée en 2006 par l’Institut Médiamat conclut que les enfants de 4 à 10 ans passent quotidiennement en moyenne 2 heures 07 minutes devant la télé. Si cette fenêtre ouverte sur l’extérieur permet de mieux appréhender le monde, de rêver et de se cultiver, elle n’a pas que des qualités et son usage doit être contrôlé. Sous peine de générer, d’après certains chercheurs, d’importants problèmes physiques et/ou psychologiques...

> Sophie Madoun
La maison des Babayagas

C’est un lieu de vie autogéré, solidaire et écologique pour femmes âgées, dont le projet prend corps à Montreuil en Seine-Saint-Denis.
Depuis maintenant dix ans, Thérèse Clerc, Monique Bragard et Suzanne Goueffic, respectivement : 80, 75 et 77 ans, se battent pour la réalisation d’une maison des Babayagas. A l’image de ces grand-mères des contes populaires russes à la forte personnalité, les trois habitantes  de Montreuil sont intimement convaincues que la vieillesse ne rime pas obligatoirement avec la maladie et qu’elle ne conduit pas inéluctablement au naufrage du corps et de la tête… Leur objectif : inventer un lieu de vie qui permette aux femmes âgées de vivre ensemble dans le respect des unes et des autres, dans des structures aux antipodes de la grande solitude du domicile et loin de la maison de retraite traditionnelle. « Ce projet est né de la rencontre de trois femmes ayant vécu l’expérience douloureuse de l’accompagnement de leurs vieux parents. Sans oublier l’après, vider et trier… les souvenirs, explique Thérèse Clerc, l’instigatrice. J’ai quatre enfants et de nombreux petits-enfants. Mais je me suis juré de ne jamais leur imposer cela. Pour vieillir autrement, il ne faut pas considérer la vieillesse comme une perte mais chercher à vivre jusqu’au bout une citoyenneté active, qui ne repose pas uniquement sur la maternité ou la grande maternité mais se construit en lien avec la vie de la cité et du monde qui nous entoure...

> Martine Laganier

Nouveau code de conduite
Nouveau code de conduite
Abdessamad Bennani est l’auteur de La conduite conviviale (1), un ouvrage pédagogique axé sur les relations positives entre personnes au volant. « Dès lors que nous conduisons, explique-t-il d’emblée, nous mettons automatiquement notre vie entre les mains de milliers de personnes. Notre dépendance à l’égard des autres est absolue alors que parallèlement nous avons l’illusion de maîtriser notre destin. Résultat, il n’existe qu’une seule solution viable et porteuse d’avenir : penser collectif. Grâce à un regard positif sur les co-usagers, la route se transforme en un espace de vie et d’échanges entre gens civilisés. On communique, on crée du lien et non de la peur et de l’agressivité. »
Ingénieur de formation, Abdessamad Bennani a créé il y a une vingtaine d’années une société spécialisée dans les logiciels informatiques pour les écoles de conduite. Il s’aperçoit vite qu’on y « enseigne la loi et la mécanique mais que l’on ne travaille pas sur la façon d’être au volant ». Conducteur lui aussi, il pratique par ailleurs le yoga, est formé à l’analyse transactionnelle et s’intéresse à la communication non-violente. Il lui vient alors l’envie de mettre en application, pour les habitués du volant, les comportements initiés par ces pratiques : travail sur soi, respect des personnes et culture du positif. Ainsi naît la conduite conviviale. Par un effet rebond, cela modifie la façon d’être. « Certaines personnes sont étonnées de constater à quel point, insiste-t-il, comprendre mieux autrui  permet de se comprendre mieux soi-même. »
KIOSQUE

http://patients.impatients.online.fr